Numéro de Janvier 2025
n. 21
Janvier 2025
Rédacteurs du numéro
Razi Nabulsi
Ahmad Ezzeddin As'ad
Majdi al-Malki
Rami Rayess

Résumé exécutif

Le nombre de martyrs en Palestine au cours de ce mois s’est élevé à 1 913 en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, tandis que celui de blessés a dépassé 3 000, dont plus de 200 en Cisjordanie, et ce, avec le lancement de l’opération « Les murailles de fer » par les forces d’occupation dans le nord de la Cisjordanie, entraînant le déplacement de dizaines de milliers de personnes des camps, la prise de contrôle des habitations des citoyens, ainsi que la détention et l’interrogatoire sur le terrain de centaines d’entre eux. Ce mois a également été marqué par l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza dans le cadre de « l’accord d’échange », permettant la libération de centaines de prisonniers palestiniens et révélant des actes de torture et de privation de nourriture dans les prisons israéliennes, ainsi que la famine et la propagation des maladies.

Sur le plan législatif, le processus de promulgation de lois restreignant la liberté d’expression et l’activité politique dans les territoires de 1948 et à Jérusalem s’est poursuivi ce mois-ci. En parallèle, une nouvelle loi a été adoptée, permettant aux colons d’acquérir directement des terres en Cisjordanie. Cette mesure s’inscrit dans une dynamique plus large d’accélération du rythme de la colonisation, de l’annexion et des confiscations de terres, dont l’ampleur a considérablement augmenté ces derniers mois, atteignant des niveaux sans précédent.

En ce qui concerne les agressions des colons, plus d’un millier d’attaques mensuelles, incluant des incendies de biens, des agressions physiques, des expulsions et des restrictions, continuent à être enregistrées en Cisjordanie. À cela s’ajoutent les centaines de points de contrôle que les forces d’occupation déploient de manière soudaine et régulière dans différentes régions de la Cisjordanie. Leur nombre a dépassé les 400 barrages, transformant les déplacements des Palestiniens en un véritable parcours de souffrance. Sans compter les attaques des colons sur les routes et aux barrages qui compliquent encore davantage l’accès aux axes routiers principaux.

Dans le domaine des décisions et déclarations racistes, des rapports journalistiques ont révélé une nouvelle politique adoptée par le bureau de la « Direction de la population et de l’immigration » en Israël. Dans ce cadre, les Palestiniens mariés de part et d’autre de la ligne verte, qui souffrent déjà des lois interdisant le regroupement familial, sont contraints d’enregistrer leurs enfants dans le registre civil de l’Autorité palestinienne. Cette mesure les empêche ultérieurement d’obtenir une résidence permanente, une nationalité ou un statut légal en Israël, alors qu’elle n’affecte pas du tout les Juifs qui bénéficient automatiquement de documents d’identité en vertu de la « Loi du retour » qui leur est exclusivement réservée. De même, elle ne concerne pas les citoyens israéliens mariés à des étrangères, sauf si celles-ci sont palestiniennes. Selon ces mêmes rapports, cette nouvelle mesure prive des milliers d’enfants de tout statut juridique et va à l’encontre de la loi israélienne elle-même, qui accorde la nationalité à toute personne ayant au moins un parent israélien. Elle viole également les droits de l’enfant, notamment celui de vivre légalement avec ses parents.

La guerre d’extermination dans la bande de Gaza

Bien que l’accord de cessez-le-feu soit entré en vigueur ce mois-ci, précisément le 19 janvier, ce fut l’un des mois les plus difficiles de la guerre d’extermination, notamment avec le début des recherches des corps des disparus et la prise de conscience de l’ampleur des destructions causées par cette guerre. Les premières semaines du mois, avant l’entrée en vigueur de la trêve, ont été particulièrement sanglantes. Dès le premier jour de janvier, plus de 28 Palestiniens ont été martyrisés. Un rapport de l’UNICEF a indiqué qu’au moins 74 enfants avaient été tués au cours de la première semaine. À la fin du mois, le Bureau des médias du gouvernement à Gaza a annoncé que le nombre total de martyrs avait dépassé les 61 000, dont 17 881 enfants et 214 nouveau-nés, et que les 41 000 martyrs officiellement enregistrés sont ceux dont les corps ont pu être acheminés vers les hôpitaux et répertoriés. Selon le chef du Bureau, Salama Maarouf, seuls 76 % des martyrs ont pu être transportés vers les hôpitaux, tandis que des milliers sont encore sous les décombres. Cette situation est exacerbée par le refus des autorités d’occupation israéliennes d’autoriser l’entrée de matériel lourd nécessaire au déblaiement et au début du processus de reconstruction.

Ce mois a également été marqué, à mesure que les étapes de l’accord de cessez-le-feu avançaient, par le retour de plus de 300 000 Palestiniens vers le nord de la bande de Gaza après avoir été déplacés vers le sud. Toutefois, ils reviennent dans une région totalement détruite par les bombardements israéliens. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), 92 % des habitations de la bande de Gaza — soit environ 436 000 logements — ont été totalement détruites ou endommagées, et 90 % des Palestiniens de Gaza ont été déplacés au cours de la guerre. Une autre enquête, publiée après le cessez-le-feu et basée sur des images satellites, a révélé qu’au moins 60 % des habitations de la bande de Gaza avaient été détruites au cours du conflit.

En même temps, le secteur de la santé souffre d'une destruction totale, et la capacité d’accueil des hôpitaux ne dépasse pas les 1 800 lits. Seuls la moitié des hôpitaux qui fonctionnaient avant la guerre, soit 36 hôpitaux, sont encore en activité, mais partiellement en raison des destructions causées par les bombardements, la guerre et l’agression. Selon un rapport de l'Organisation mondiale de la santé, tous les hôpitaux de Gaza ont été partiellement ou totalement détruits. D’après la situation actuelle du secteur de la santé, 25 % des blessés, qui sont plus de 110 000, courent un véritable danger pour leur vie. D’ailleurs, le 3 janvier, les forces d’occupation israéliennes ont encerclé l’hôpital indonésien à Beit Lahiya, dans le nord de Gaza, et ont demandé à ceux qui s’y trouvaient, principalement des femmes et des enfants venus chercher un abri après la destruction de l’hôpital Kamal Adouan, de l’évacuer immédiatement. En plus du blocus, les forces israéliennes ont tiré autour de l’hôpital et détruit les stations d’électricité et d’oxygène, exposant la vie des patients au danger, après l’arrêt du fonctionnement de l’hôpital. Ce blocus a persisté jusqu’à l’entrée en vigueur du cessez-le-feu et au début du retrait des forces israéliennes de Gaza.

Quant aux infrastructures, l’Autorité palestinienne de l’eau a confirmé dans un communiqué officiel que les résultats des inspections menées après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu ont révélé d’énormes destructions dans le nord de la bande de Gaza. Environ 70 % des installations d’eau et d’assainissement ont été totalement détruites, dont 25 puits, ce qui a entraîné l’effondrement total du système d’approvisionnement en eau dans le nord de Gaza.

Lois et projets de loi

Durant le mois de janvier, l’approche législative visant à restreindre la liberté d’expression des Palestiniens à l’intérieur des territoires de 1948 et à Jérusalem s’est poursuivie de manière évidente. En parallèle à la guerre d’extermination menée dans la bande de Gaza et aux opérations militaires agressives en Cisjordanie, la Knesset a adopté de nombreuses lois qui combattent et répriment l’identité politique des Palestiniens, ainsi que son expression. Dans ce cadre, ce mois a également été marqué par l’adoption de lois visant à contrôler le récit historique et à imposer des peines disproportionnées dans les affaires liées à l’expression d’opinions politiques.

  • Le 21 janvier, la plénière de la Knesset a adopté en lecture finale une loi imposant une peine de cinq ans de prison à toute personne faisant l’éloge ou niant le massacre du 7 octobre aux abords de la bande de Gaza. Selon le texte de la loi, toute personne qui écrit ou exprime verbalement des propos susceptibles de « nier le massacre » sera condamnée à une peine de prison effective de cinq ans.

Cette loi s’inscrit dans le cadre des mesures visant à restreindre la liberté d’expression et le débat politique dans les territoires de 1948 et à Jérusalem. Dans son exposé des motifs, il est précisé que l’objectif est d’institutionnaliser une « vérité historique » et d’empêcher toute négation des événements du 7 octobre. Dans ce contexte, il convient de mentionner un autre projet de loi relevant également de cette restriction de la liberté d’expression. En effet, le 13 janvier, le député du bloc au pouvoir Likoud, Amit Halevi, a présenté une proposition d’amendement à la loi sur la « diffamation », permettant au tribunal d’imposer une amende pouvant atteindre un demi-million de shekels à toute personne qualifiant un individu ou une entité israélienne de criminel(le) de guerre, sans que le plaignant ait besoin de prouver qu’il a subi un préjudice en raison de cette accusation. Par ailleurs, une autre loi adoptée dans le même cadre interdit la participation de toute personne ou liste électorale aux conseils municipaux si celle-ci a exprimé, de manière explicite ou implicite, un soutien à la lutte armée de ceux qualifiés d’ « ennemis d’Israël ».

  • Le 29 janvier, la Knesset a adopté en lecture préliminaire un projet de loi permettant aux colons d’acheter des terres en Cisjordanie, annulant ainsi de facto l’interdiction de vendre les terres désignées comme « terres d’État ». Selon la législation en vigueur, les Israéliens ne peuvent acheter des terres en Cisjordanie que par l’intermédiaire de sociétés enregistrées et avec l’approbation de l’Administration civile, chargée d’approuver ces transactions en sa qualité d’entité responsable de la Cisjordanie, considérée comme un territoire occupé sous régime militaire. Dans cette perspective, cette loi s’inscrit dans le cadre des « lois d’annexion » qui visent progressivement à transférer les pouvoirs en Cisjordanie de l’armée aux institutions civiles de l’État israélien.

Dans ce contexte, il est important de noter que cette loi a été portée par le groupe de pression « Terre d’Israël » qui œuvre dans les cercles politiques israéliens pour promouvoir des projets de colonisation en vue de concrétiser la vision du Grand Israël. L’importance de cette loi réside non seulement dans le fait qu’elle s’inscrit dans le cadre des projets d’annexion israéliens, mais aussi dans le fait qu’elle permet aux colons d’acheter des terres et d’en devenir propriétaires à grande échelle dans l’ensemble des zones de Cisjordanie, sans tenir compte du statut de ce territoire en tant que terre occupée.

Colonisation et contrôle du territoire

Depuis que le gouvernement israélien a modifié, début décembre 2024, le rythme des délibérations sur l’approbation des constructions dans les colonies de Cisjordanie, en les rendant hebdomadaires, le nombre d’unités de logement dans les colonies a connu une augmentation sans précédent. En effet, les autorités d’occupation ont approuvé, rien qu’au cours des mois de décembre 2024 et de janvier 2025, la construction de 3 651 unités de colonisation, contre 9 884 unités pour toute l’année 2024. Sur la base de ces données, il est prévu que l’année 2025 connaisse une hausse spectaculaire du rythme de la construction coloniale, dépassant même le chiffre record de 2023, qui s’élevait à 12 349 unités. Des rapports médiatiques indiquent que cette augmentation pourrait atteindre un niveau historique sans précédent.

Les principaux développements en matière de colonisation au cours de ce mois sont les suivants :

  • Le 12 janvier, les autorités d’occupation ont publié un avis annonçant leur intention d’élargir la zone d’influence de la colonie d’Adam (connue sous le nom de Giv’at Binyamin) d’environ 1 107 dunams à l’est de Ramallah. Le public disposait de trois semaines pour présenter des objections.

  • Le 15 janvier, les autorités d’occupation ont ordonné à 27 familles palestiniennes d’évacuer leurs maisons situées dans le quartier de Batan al-Hawa, à Silwan, dans la ville de Jérusalem occupée. Ces familles comptent au total 131 personnes, dont un grand nombre d’enfants. Bien que la cour ait reconnu que ces familles avaient acquis légalement leurs maisons dans les années 60, elle leur a ordonné d’évacuer les lieux dans un délai de six mois, sous prétexte que le terrain appartenait, avant 1948, à un fonds religieux juif, selon la justice israélienne.

  • Le 16 janvier, les autorités d’occupation ont confisqué 280 dunams des villages de Jaba‘, Kafr ‘Aqab et Mikhmas, afin de construire la route 45, une nouvelle route de contournement réservée aux colons au sud de Ramallah.

  • Le 22 janvier, le gouvernement israélien a approuvé la construction de 184 unités de colonisation dans la colonie de Migdalim.

  • Le 29 janvier, le gouvernement israélien a approuvé la construction de 682 unités de colonisation dans trois colonies : Halamish, Metzad et Beit El. Pour la colonie de Halamish, le plan prévoit la construction de 531 unités de logement, ce qui entraînera un doublement du nombre de colons y résidant.

Déclarations et décisions racistes marquantes

Avec le début de la mise en œuvre des phases de l’accord d’échange, le retour des habitants de Gaza vers le nord de la bande et leur sortie pour assister à la libération des otages israéliens dans le cadre de l’accord, de nombreuses voix israéliennes se sont exprimées en des termes racistes. En particulier, le 30 janvier, lors de la libération du deuxième groupe dans la première phase de l’échange, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a commenté les images en provenance de Gaza en déclarant : « Il est interdit de normaliser ces images qui viennent de Gaza. Ce sont des animaux sauvages assoiffés de sang, haineux envers les Juifs. Si nous ne les exterminons pas, ils continueront à menacer de nous exterminer. » Il a ajouté : « Nous voulons la vie et la paix, et nous ne pouvons pas nous permettre de laisser nos enfants vivre aux côtés de telles bêtes sauvages qui les mettent en danger. C’est pourquoi nous devons continuer le combat jusqu’à l’anéantissement total du Hamas. » Le lendemain, lors d’une réunion de son parti, il a dit : « Nous avons tous vu les trois otages lors de leur libération, entourées d’une foule d’animaux humains, certains masqués, d’autres à visage découvert. Nous avons vu dans leurs yeux la haine d’Israël et l’amour du meurtre. »

Outre les hommes politiques, de nombreux journalistes ont exprimé des propos similaires, parfois avec des termes encore plus durs. Parmi eux, le journaliste de la Chaîne 12, Danny Kushmaro, qui, en réaction aux célébrations des habitants de Gaza, a déclaré : « J’espère qu’ils s’étoufferont avec les baklavas qu’ils mangent. » Almog Boker, journaliste de la même chaîne, a quant à lui affirmé : « Pour ceux qui ont oublié à qui nous avons affaire, les images de la libération d’aujourd’hui rappellent un souvenir douloureux : des animaux humains. » Quant à Haim Levinson, rédacteur et journaliste au Haaretz, il a déclaré que les habitants de Gaza étaient « l'essence même des ordures ».

  • Ce mois-ci, le journal Haaretz a publié un rapport indiquant que la Direction de la population et de l’immigration en Israël a modifié le mécanisme d’enregistrement des enfants nés de parents dont l’un n’est pas citoyen israélien. Désormais, ces enfants doivent d’abord être enregistrés dans le pays dont l’un des parents détient la nationalité, comme condition préalable à leur enregistrement en Israël et à l’obtention d’une carte de résident et de la nationalité. À première vue, ce changement peut sembler anodin et purement bureaucratique. Toutefois, il revêt une importance capitale pour les Palestiniens mariés entre eux lorsque l’un des conjoints est originaire de Cisjordanie ou de Gaza, tandis que l’autre est un citoyen israélien ou un résident permanent des territoires de 1948.

Ces directives émises par le ministère n’affectent ni les Juifs ni les citoyens israéliens qui épousent une étrangère, car un enfant juif obtient la nationalité en vertu de la « Loi du retour » israélienne en premier lieu. De plus, il n’existe aucune contradiction entre l’enregistrement de l’enfant dans un pays étranger et son enregistrement en Israël. En revanche, leur impact est particulièrement significatif pour les Palestiniens qui se marient de part et d’autre de la ligne verte. En effet, après l’enregistrement de l’enfant dans le registre civil de l’Autorité palestinienne, il ne peut plus obtenir ni résidence, ni nationalité, ni aucun droit en Israël, car il est enregistré auprès de l’Autorité palestinienne, qui est soumise à l’administration militaire israélienne et que l’État d’Israël ne considère pas comme un pays à part entière. Dans ce cas, l’enfant ne reçoit qu’un permis de résidence temporaire sous forme d’un visa de visite délivré par l’« administration civile » de l'occupation. Selon le rapport, en raison de cette politique, des dizaines de milliers d’enfants nés de parents palestiniens – dont l’un est originaire des territoires de 1948 – se retrouvent sans aucun document officiel, leurs parents refusant de les enregistrer auprès de l’Autorité palestinienne et Israël refusant de les enregistrer dans son registre civil.

Pratiquement, après les lois sur le regroupement familial qui interdisent l’unification des familles palestiniennes des deux côtés de la ligne verte, cette politique empêche désormais les enfants de ces familles d’obtenir un statut légal et les contraint à l’exil au-delà de la ligne verte, en violation flagrante des droits de l’enfant et des droits humains.

  • Le 30 janvier, L’Agence des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) a été contrainte d’évacuer son personnel international de la ville de Jérusalem après que les autorités israéliennes ont annulé leurs visas, en application d’une loi adoptée précédemment interdisant l’activité de l’agence dans les territoires palestiniens et prohibant toute interaction directe ou indirecte avec elle. Concrètement, à la fin du mois de janvier, la mise en œuvre effective des lois israéliennes visant à annuler les activités de l’agence et à l’interdire a commencé, alors même que le peuple palestinien traverse l’une des périodes les plus critiques de son histoire, nécessitant plus que jamais l’aide humanitaire et les efforts de l’UNRWA.

Crimes et violations

Au cours du mois de janvier 2025, les forces d’occupation israéliennes ont détruit environ 94 biens en Cisjordanie. Le nombre de postes de contrôle militaires surprises a atteint 428. Six attaques ont été menées contre le secteur de l’éducation et trois contre des équipes médicales. Par ailleurs, on a documenté l’arrestation de 935 Palestiniens, la démolition de 59 maisons, et 1 728 incursions dans différentes zones de la Cisjordanie.

  • L’armée d’occupation a mené, durant le mois de janvier 2025, 1 786 agressions incluant des assassinats, des arrestations, des violences physiques, des actes de vandalisme et d’autres exactions. Ces attaques visant principalement des individus se sont concentrées dans les gouvernorats de Ramallah, Hébron et Naplouse. Le nombre d’attaques contre les terres et les ressources naturelles s’élève à 107, ciblant particulièrement les gouvernorats de Ramallah, Hébron, Naplouse et Bethléem. Concernant les agressions contre les arbres et les cultures, 78 incidents ont été recensés, impliquant l’arrachage, l’empoisonnement, la destruction et l’incendie de près de 969 oliviers, en particulier dans les gouvernorats de Ramallah, Hébron et Bethléem. Le nombre d’agressions contre les biens s’élève à 539, comprenant l’établissement de 10 avant-postes coloniaux, le nivellement de terres, le vandalisme, les démolitions, les confiscations de propriétés ainsi que des attaques contre des lieux de culte et d’autres biens.

  • Le nord de la Cisjordanie, en particulier les camps de Jénine, Tulkarem, Nour Shams, Al-Far‘a et le village de Tamoun, est la cible d’une campagne militaire israélienne depuis le début de la trêve dans la bande de Gaza. Cette offensive a conduit au déplacement quasi total des habitants du camp de Jénine, soit environ 20 000 personnes, au cours des deux derniers mois, tandis que près de 150 à 180 maisons ont subi des dommages considérables. Depuis le début de l’année 2025, la Cisjordanie fait également face à un durcissement des restrictions d’accès, entraînant de longues attentes aux checkpoints. Les forces israéliennes ont installé au moins 12 nouvelles barrières sur les routes aux entrées des villes et villages à travers la Cisjordanie, tout en multipliant les barrages et les monticules de terre bloquant les routes secondaires. L’offensive se poursuit encore à la fin du mois, avec une présence militaire israélienne maintenue à l’intérieur des camps.

  • L’opération « Les murailles de fer » a débuté à Jénine le 21 janvier, marquée par des tirs d’hélicoptères et des frappes aériennes, ainsi que des opérations menées par les forces terrestres. Plusieurs frappes aériennes ont ciblé la ville de Jénine, son camp de réfugiés et les zones avoisinantes. Selon le ministère de la Santé palestinien, 12 Palestiniens ont été martyrisés et au moins 50 autres blessés. Le ministère a également confirmé que les forces israéliennes ont assiégé l’hôpital gouvernemental de Jénine, endommageant l’infrastructure routière environnante. Les patients, le personnel médical et les accompagnants sont désormais piégés à l’intérieur de l’hôpital, incapables d’en sortir. Les routes menant à l’hôpital ont été détruites, et les débris bloquent l’entrée, rendant l’acheminement de nourriture, d’équipements médicaux et d’autres besoins urgents impossible. Il est également important de noter que les forces d’occupation retiennent les Palestiniens pendant de longues heures lors de leurs incursions dans les villages et villes palestiniennes. Par exemple, dans la ville d’Izzoun, elles ont retenu 60 Palestiniens pendant cinq heures lors d’une incursion à l’est de Qalqilya, les interrogeant sur place après avoir transformé les maisons des habitants en casernes militaires et centres d’interrogatoire et de détention.

  • Le 8 janvier, les forces d’occupation ont envahi l’école Kisan à l’est de Bethléem, et ont agressé plusieurs enseignants et étudiants.

Les crimes des colons

Les colons ont commis près de 375 agressions au cours du mois de janvier dans diverses régions de la Cisjordanie, visant les Palestiniens, leurs fermes, leurs champs, leurs maisons, leurs lieux de culte et d’autres biens. Les attaques des colons se sont réparties sur plusieurs gouvernorats de la Cisjordanie, principalement dans les gouvernorats de Ramallah, Naplouse, Hébron et Qalqilya.

  • Parmi les principales attaques des colons, on note l’attaque et l’incendie de véhicules des habitants du village de Silwad, à l’est de Ramallah, ce qui a entraîné des blessés parmi les villageois, en plus de la destruction de huit véhicules. Il y a eu aussi l’attaque des colons contre le village d’al-Mughayer, au nord-est de Ramallah, où ils ont incendié des chambres agricoles appartenant à des citoyens des villages d’Abu Falah et de Turmusayya. De plus, les colons ont établi de nouvelles colonies sur les terres du village de Qaryut, au sud de Naplouse, et ont attaqué les villages de Jinsofot et d’Al-Funduq, à l’est de Qalqilya, où ils ont incendié des parties de maisons, une pépinière, un atelier de menuiserie, des véhicules et une pelle mécanique. Cette attaque a fait 21 blessés dans le village d’Al-Funduq.

  • Le 5 janvier, un groupe de colons a établi une colonie pastorale sur les terres des habitants au sud du village de Qaryut.

  • Le 17 janvier, un certain nombre de colons ont procédé à l’excavation de terres dans la zone de Khirbet Hamza, au nord de la vallée du Jourdain.

Les prisonniers et les détenus

Le nombre d’arrestations de Palestiniens en provenance de la Cisjordanie depuis le début de la guerre d’extermination israélienne contre la bande de Gaza jusqu’à la date du cessez-le-feu, le 19 janvier 2025, a atteint 14 500 arrestations. Ce chiffre n’inclut pas les milliers d’arrestations en provenance de la bande de Gaza. Le nombre d’arrestations parmi les femmes pendant la guerre a été d’environ 455, tandis que 1 115 enfants ont été arrêtés. 3 376 parmi eux sont en détention administrative, sans accusation, inculpation ou procès équitable.

À la fin du mois de janvier, selon le Comité des prisonniers et des libérés et l’association Al-Dhamir, le nombre de détenus palestiniens dans les prisons israéliennes dépassait les 10 000, sans compter les détenus de la bande de Gaza. Au cours du mois de janvier, les forces d’occupation israéliennes ont arrêté 580 Palestiniens en Cisjordanie, la majorité provenant de la ville de Jénine qui subit une agression israélienne massive depuis le 20 janvier 2024. Le nombre d’arrestations parmi les femmes a été de 17, et environ 60 enfants de moins de 18 ans ont été arrêtés, en plus des centaines d’interrogatoires sur le terrain subis par les Palestiniens.

  • En janvier, le martyre en détention de quatre prisonniers palestiniens a été annoncé, bien que deux d’entre eux soient décédés plusieurs mois auparavant et étaient originaires de la bande de Gaza. Ces martyrs sont : Mohammed Sharif al-Asli, originaire de Gaza, martyrisé le 17 mai 2024, mais dont le décès n’a été officiellement annoncé que le 29 janvier 2025 ; Ibrahim Adnan Ashour, également originaire de Gaza, martyrisé le 23 juin 2024 ; Moataz Mahmoud Abu Zanid, originaire d’Hébron, martyrisé en détention le 13 janvier 2025 ; Mohammed Yassine Jabr, originaire de Bethléem, martyrisé en détention le 18 janvier 2025.

  • En janvier, dans le cadre d’un échange de prisonniers entre la résistance palestinienne et Israël, trois vagues de libérations ont eu lieu, permettant de libérer 400 détenus, dont 222 prisonniers originaires de la bande de Gaza arrêtés après le 7 octobre. Les institutions palestiniennes spécialisées dans les affaires des prisonniers affirment que la majorité des détenus libérés dans le cadre de cet accord ou après la guerre d'extermination, souffrent de graves problèmes de santé ayant nécessité l’hospitalisation de plusieurs d’entre eux. Ces conditions résultent des actes de torture, des négligences médicales, des politiques de famine et des agressions sexuelles dénoncées par les institutions concernées ainsi que par les témoignages des prisonniers libérés.

  • Parmi les prisonniers libérés figure Khalida Jarrar, une femme politique palestinienne âgée de 61 ans et députée au Conseil législatif. Selon l’organisation Al-Dhamir, Jarrar était détenue sous le régime de la détention administrative depuis décembre 2023. Cette politique permet aux autorités israéliennes de maintenir des individus en détention sans inculpation ni procès. Au cours de la détention administrative, les prisonniers et leurs avocats ne sont pas autorisés à consulter les « preuves secrètes » par lesquelles les autorités israéliennes justifient leur détention.

  • Le 12 janvier, un rapport alarmant publié par la Commission des affaires des prisonniers et ex-prisonniers ainsi que par le Club des prisonniers palestiniens a révélé de nouveaux témoignages sur les abus et les agressions systématiques dont sont victimes les détenus palestiniens dans plusieurs prisons israéliennes, notamment celles du Néguev, de Nafha et d’Ofer, ainsi que dans le camp militaire de Sde Teiman, connu comme un centre majeur de torture. Par ailleurs, le ministre israélien d’extrême droite Itamar Ben Gvir a récemment révélé, dans une vidéo filmée à la prison de Rekevet – une installation relevant de la prison de Nitzan Ramla –, la création de plusieurs nouveaux camps de détention après la guerre à Ofer, Nafha, Anatot et Sde Teiman, destinés à l’incarcération des prisonniers palestiniens en provenance de la bande de Gaza.

  • Le Club des prisonniers palestiniens a déclaré, dans un communiqué, que l’occupation avait exercé un « terrorisme systématique » contre les prisonniers libérés dans le cadre de l’échange et leurs familles, allant jusqu’à les tuer ou les arrêter, en plus de perquisitionner et de saccager leurs maisons. L’organisation a indiqué que les menaces comprenaient des avertissements adressés aux familles leur interdisant toute manifestation de célébration de la libération de leurs enfants détenus, ainsi que l’interdiction d’arborer un drapeau ou une bannière, sous peine de bombardement des lieux de rassemblement des félicitants. Ces menaces ont été communiquées à chaque famille de prisonnier libéré. Le 18 janvier, les forces d’occupation ont pris d’assaut les maisons de plusieurs prisonniers libérés dans la ville de Jérusalem, notamment celles de la famille de la prisonnière Zina Barber et du prisonnier Issam Abou Diab. Les deux familles ont reçu des menaces leur interdisant toute manifestation de joie, comme l’installation d’une tente pour accueillir les félicitants ou la décoration de leur domicile. Elles ont également été averties que toute célébration entraînerait un raid sur les lieux, la destruction de ces manifestations festives et des agressions visant toutes les personnes présentes sur place.

  • Le 26 janvier, Israël a libéré 200 prisonniers palestiniens, dont 120 purgeaient des peines de prison à vie. Parmi eux se trouvaient deux enfants, âgés chacun de 15 ans. Selon l’organisation Al-Dhamir, 320 enfants étaient détenus dans les prisons israéliennes avant le dernier échange de prisonniers. Le plus âgé des détenus était Mohammed al-Tous, âgé de 69 ans, ayant passé 39 ans derrière les barreaux.

  • Le 29 janvier, les forces d’occupation ont arrêté 12 Palestiniens du quartier de Kafr ‘Aqab pour avoir célébré la libération d’un prisonnier palestinien, selon un communiqué de la police israélienne. Elles ont également pris d’assaut la maison de la famille de l’ex-prisonnier Ashraf Munir Zghair, habitant de Kafr ‘Aqab au nord de Jérusalem occupée, saccageant son intérieur et arrêtant plusieurs membres de sa famille ainsi que des amis. À chaque libération de prisonniers, les forces israéliennes ont mené des descentes dans les maisons des ex-détenus et interdit toute manifestation de joie à leur retour.

  • Le 31 janvier, les cérémonies d’accueil des prisonniers libérés dans le cadre de l’échange, Zakaria Zubeidi – membre du Conseil révolutionnaire du mouvement Fatah et l’un des prisonniers les plus emblématiques – ainsi qu’Ammar Mar‘i, à Al-Bireh, ont été interrompues après des menaces de l’armée israélienne d’envahir les lieux si les rassemblements de félicitations se poursuivaient.

Les martyrs et les blessés

Au cours du mois de janvier 2025, 60 Palestiniens ont été martyrisés en Cisjordanie, tandis que 227 autres ont été blessés dans divers incidents. Dans la bande de Gaza, plus de 1 853 martyrs ont été enregistrés durant ce mois, portant le nombre total de victimes depuis le début de l’agression contre Gaza à plus de 47 487 martyrs. Le nombre de blessés dans la bande de Gaza a dépassé les 3 185 en janvier, portant le total à plus de 111 588 blessés depuis le début de la guerre. En Cisjordanie, une augmentation du nombre de martyrs a été observée dans le gouvernorat de Jénine. Il est important de noter qu’une partie des martyrs et des blessés en Cisjordanie ont été victimes de bombardements par des drones et des avions israéliens, en plus des blessés dus aux opérations militaires menées par l’occupation contre les camps de réfugiés, en particulier dans le nord de la Cisjordanie.

  • Le 8 janvier, un drone a bombardé un groupe d’habitants dans la ville de Tamoun, entraînant le martyre de trois Palestiniens, dont deux enfants.

  • Le 22 janvier, lors d’un raid sur la ville de Jénine et son camp, les forces d’occupation ont ouvert le feu et tiré des obus Energa en direction d’une maison assiégée, causant le martyre de deux jeunes Palestiniens.

  • Le 29 janvier, un drone a bombardé la cour d’une maison dans la ville de Tamoun ; dix Palestiniens sont tombés en martyrs et plusieurs autres ont été grièvement blessés.

Sources du numéro
Médias arabes
Médias hébraïques
Médias anglaises
Observatoire juridique – Centre « Madar » pour les études israéliennes
L’organisation palestinienne « Al-Dhamir » pour les prisonniers et les droits de l'homme
L’agence des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA)
Le département des affaires de négociations palestiniennes
Agence Palestinienne de presse et d'informations – WAFA
Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF)
L’Organisation « La Paix maintenant »
L’Organisation « B'Tselem »
Le Club des prisonniers palestiniens